De la peur à la foi

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Dimanche 24 Décembre 2017, 4e dimanche de l’Avent : Les paroles de l’ange pour annoncer à Marie la naissance du Christ nous étonnent : le pasteur Théodore RANDRIAMANANTENA président de la pastorale de l’Eglise protestante en France nous éclaire.

Textes bibliques pour toutes les Eglise en Europe :
2 Sam 7.1-16 ; Rom 16.25-27 ; Luc 1.26-38.

De la peur à la foi

Nous ne saurons jamais ce qui se cache sous la figure de la visite de l’ange. Certainement quelque chose d’indicible, de non représentable. En tout cas, bien que l’ange lui apporte une bonne nouvelle, la première réaction de Marie est la peur, si bien que l’ange doit lui dire «mè phobou» : n’aie pas peur. Elle va devoir vivre le passage de la peur à la foi, passage que nous avons tous à accomplir et qui représente la substance même de notre relation à Dieu. Passage à faire et à refaire, même pour Marie : l’ange va la quitter, l’éblouissante lumière va s’éteindre et tout va retomber dans le prosaïque du quotidien. Elle va devoir maintenant croire sans voir. Trente ans de routine, trois ans d’une aventure incompréhensible et inquiétante : ne la voit-on pas, en Matthieu 12, 46 et en Marc 3, 32, chercher à récupérer Jésus ? Enfin, à la Croix, le Glaive de la Parole, glaive de douleur, la transpercera (voir Luc 2,35, à lire en parallèle avec Hébreux 4,12). Alors se trouvera accompli tout ce qui se trouvait enfoui dans le récit de l’Annonciation, et nous retrouverons Marie avec les apôtres pour une nouvelle mise au monde, celle du nouveau Corps du Christ, l’Église. Mais, pour l’instant, restons avec Marie à l’heure de la féconde visite de Dieu et n’oublions pas, toutes proportions gardées, que c’est de nous aussi qu’il est question dans ce passage d’Écriture. Ouvrons-nous à la visite de Dieu et faisons-lui en nous une demeure.

Fils de Dieu, Fils de l’homme
Les paroles de l’ange pour annoncer à Marie la naissance du Christ peuvent nous étonner. Certes, il donne à l’enfant à venir le titre de «Fils de Dieu» mais, à s’en tenir au texte, l’avenir de cet enfant se borne à hériter du trône de David son père, et à régner pour toujours sur la maison de Jacob. On croirait entendre les disciples qui, encore après la Résurrection, demandaient à Jésus : «Seigneur, est-ce en ces temps-ci que tu vas rétablir le royaume en faveur d’Israël?» (Actes 1,6). Rien n’est dit du salut de l’humanité entière. Peut-être Marie n’était-elle pas encore en mesure de recevoir un tel message. Notons au passage que le nom de David est cité deux fois dans l’Annonciation : une fois au verset 27 pour nous dire que Joseph est «de la maison de David», une fois au verset 32 où nous lisons que Dieu donnera à Jésus «le trône de David son père». C’est bien parce qu’il est fils de Joseph que Jésus peut être dit Fils de David. Quoi que nous pensions de la paternité de Joseph, gardons-nous de la sous-estimer. Rien ne dit que Marie soit de la maison de David ; cousine d’Élisabeth, elle semble plutôt de souche sacerdotale. Ajoutons que le «Rien n’est impossible à Dieu» du verset 27 est une reprise des paroles adressées à Sara à propos de la naissance naturellement impossible d’Isaac (Genèse 18,14). Marie vient clore et couronner la liste des maternités « miraculeuses » de la Bible.

Author: Théodore Randriamanantena

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