Les dix jeunes filles

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Textes bibliques pour les Eglises Chrétiennes en Europe ce dimanche 12 Novembre 2017 :

Pr 8.12-20 ; 1 Th 4.11-18 ; Mt 25.1-13.

Le commentaire des lectures bibliques par le pasteur Théodore Raphaël RANDRIAMANANTENA, président de la pastorale de L’Eglise Protestante Malgache en France (FPMA).
Les dix jeunes filles

Dix est l’un des nombres parfaits qui représentent, dans la Bible, l’abondance et même la totalité. Ces dix jeunes filles représentent l’humanité entière. Elles sont au seuil de leur vie parce que, dès le départ, dès sa jeunesse, l’humanité a été invitée aux noces de Dieu avec nous tous. Nous sommes en route vers ces noces, l’une des images de ce que Jésus appelle aussi « Royaume des cieux ». Les lampes allumées représentent notre attente et notre vigilance. Il en faut, car l’époux tarde à venir. Traduisons : nous parlons du Christ-Roi, de la toute-puissance de Dieu, de l’unité des hommes, fruit de l’Amour, et nous vivons dans un monde déchiré par des luttes fratricides, par le culte de l’argent, par la volonté de puissance, sans parler des tremblements de terre et des inondations. La joie des noces, comme la Terre promise, s’efface à mesure que nous marchons vers elle. Il faut une bonne réserve de foi pour résister au découragement. L’époux tarde à venir. La parabole nous dit qu’il vient « au milieu de la nuit », quand on ne voit plus rien, quand notre intelligence capitule devant tant d’agressions. L’arrivée de cet époux échappe à notre vue ; on sait qu’il est là par ce que l’on entend : un cri dans la nuit ? Alors, nous avons à nous lever et à sortir à sa rencontre. Pourquoi Dieu ne nous économise-t-il pas ce déplacement ? En raison de notre dignité d’êtres humains. Notre communion avec Dieu, c’est-à-dire avec celui qui est la plénitude de la vie, ne peut se réaliser sans que nous répondions à son appel par notre accueil. Le mariage exige un « oui » de part et d’autre, la réciprocité, la prise en charge de la rencontre, l’accueil dans la liberté. Alors peut commencer une vie nouvelle, la Vie au sens plein du mot. Avec la fécondité qui la caractérise.
Vers l’heure du réveil

Comprenons que notre condition humaine se caractérise par l’attente : la joie sans ombre, la réalisation de nos aspirations les plus profondes, l’accès à notre vérité, tout cela est à venir. Le retour du Christ « en gloire », c’est-à-dire dans l’accomplissement de ses noces avec l’humanité, est pour « la fin des temps ». En attendant, il est là et il n’est pas là. Il nous habite par l’espérance. Il est toujours en chemin et nous aussi. Ne soyons pas surpris si nous nous endormons au long de notre attente. Sous le sommeil se tient une veille secrète. « Je dors mais mon cœur veille », dit l’épouse du Cantique en 5,2. Patriarches et prophètes ont souvent reçu la visite de Dieu pendant leur sommeil, y compris Joseph l’époux de Marie. Quelle que soit la réalité qui se cache sous le récit de ces interventions divines, comprenons que la voix de Dieu doit nous trouver vacants, ouverts, prêts à nous éveiller à une vie toute neuve. Cet abandon de nous-mêmes dans le sommeil ne nous prive pas de l’amour qui nous garde en vie, ni de l’attente du réveil pour une existence nouvelle. Le sommeil « physique » devient, bien sûr, image des périodes de nos absences de foi consciente, des vacances de notre désir fondamental. Même alors, ce désir subsiste et nous pouvons voir en lui la réserve d’huile des cinq jeunes filles prévoyantes. Mais que penser du sort des cinq imprévoyantes ? Dans cette parabole, Jésus nous dit, en images, ce qui devrait se passer si tout se déroulait selon la justice. Mais d’autres textes nous apprennent que la justice se transforme en amour et que cet amour justifie l’injustifiable. Relisons par exemple Matthieu 19,23-26. C’est à la Croix que nous verrons l’excès de l’injustice utilisé pour mettre au monde la justice.

Author: Théodore Randriamanantena

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