Pierre sur laquelle on construit

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Le mot du pasteur : Mt 16.21-27

« Pierre sur laquelle on construit, pierre sur laquelle on bute » par le pasteur Théodore RANDRIAMANANTENA de la FPMA (Eglise Protestante Malgache en France).

 

Chers internautes, bon nombre d’entre vous m’ont écrit pourquoi l’absence des commentaires bibliques pendant ce mois d’août. Je vous réponds gentiment parce que ma femme et moi, nous étions en vacances loin de Paris, et à ma grande surprise la connexion n’était  pas au RDV là où nous étions. Dommage… !

L’évangile de ce dimanche 03 Septembre 2017 se trouve dans Matthieu 16.21-27.

A mon humble avis, nous comprenons mieux et vite l’évangile de ce dimanche  si nous étions à l’Eglise dimanche dernier et que nous étions attentif à la lecture de l’évangile (Mt 16.13-20).

Simon, fils de Yonas, vient d’être nommé Pierre, car ce n’est pas son hérédité humaine qui a parlé en lui quand il a déclaré Jésus fils de Dieu, mais Dieu lui-même. Le disciple va devenir la pierre angulaire du nouveau Temple, un Temple fait d’hommes, pierres vivantes, un Temple qui sera corps vivant du Christ. À peine « Pierre » vient-il de déclarer d’où vient Jésus que celui-ci révèle où il va : à Jérusalem pour y être crucifié et ressusciter : le Fils de Dieu ne peut rester captif de la mort. Alors Pierre, ne retenant que l’aspect tragique des propos de Jésus, s’indigne et se met à lui faire de vifs reproches. La réponse de Jésus est vigoureuse et subtile. Simon n’est plus appelé Pierre mais Satan, c’est-à-dire l’adversaire, celui qui, devant vous, vous barre la route. Simon n’est plus la pierre sur laquelle on construit mais la pierre d’achoppement, celle sur laquelle on vient buter : « Tu es un obstacle sur ma route« , lui dit Jésus. Tout à l’heure, quand Simon a déclaré Jésus Fils du Dieu vivant, ce n’était pas le fils de Yonas qui parlait en lui, mais Dieu. Maintenant, tout se renverse : « Tes pensées ne sont pas celles de Dieu mais celles des hommes« . Il est fort probable que Jésus redoute ce qui va lui arriver. « Que ce calice s’éloigne de moi« , dira-t-il à Gethsémani. Simon se fait donc tentateur, ce qui explique la dureté de la réponse de Jésus. Luc écrit qu’à ce moment-là, Jésus « se mit résolument en route pour Jérusalem » (9,51). Ce « résolument » en dit long. Cessons d’imaginer un Jésus insensible et invulnérable. On nous le montre attristé, rempli de pitié, admiratif etc. Vraiment homme.

Suivre le Christ

Suivre le Christ. Remarquons que si Jésus éprouve des sentiments semblables aux nôtres, c’est que cela existe en Dieu qui, en fin de compte, fait un avec nous. Voici que Jésus nous invite maintenant à faire un avec lui dans ce qui va se passer à Jérusalem. Aucune contrainte : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite  » Seul vaut ce qui est accompli librement, même si suivre le Christ est le seul moyen de « sauver sa propre vie ». Toujours le même paradoxe : nous ne sauvons que ce que nous donnons. Mais que signifie « renoncer à soi-même » ? D’abord, bien entendu, prendre de la distance vis-à-vis de ce que nous possédons et en quoi nous mettons souvent notre confiance, notre fierté, notre joie. Tout cela nous sera enlevé à notre mort. Notre valeur est ailleurs. Elle est dans la confiance que les autres peuvent nous faire, dans le besoin qu’ils ont de nous et cela ne trouve sa vérité que si nous ne le cherchons pas, si nous avons l’autre devant les yeux et non pas nous-mêmes servant les autres. Bien entendu donner sa vie peut aller beaucoup plus loin. Porter sa croix et suivre le Christ comporte aussi la manière dont nous surmontons les catastrophes qui peuvent survenir dans nos vies. Elles ne viennent pas de Dieu, mais le Dieu crucifié est là, avec nous, pour les traverser. Pensons aussi aux déboires du vieillissement : nous voici obligés de laisser au bord de la route nos forces, notre agilité, le bon fonctionnement de nos organes, un à un, jusqu’à l’anéantissement total. Tout cela revient à porter, avec le Christ, notre croix. Question : comment utiliser tout cela pour faire exister les autres, à commencer par les personnes de notre entourage ? Seul l’Esprit de celui qui nous a donné sa vie, et qui nous la donne tous les jours, peut nous le suggérer.

 

Author: Théodore Randriamanantena

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