S’ouvrir à nouveau

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Le mot du  pasteur Théodore Randriamanantena de l’Eglise Protestante en France qui nous invite à faire le vide pour faire place à la nouvelle humanité : le Fils de Dieu fait irruption dans nos vies.

Isaïe 40.1-5.9-112 ;2 Pierre 3.8-14 ; Marc 1,1-8 ;

S’ouvrir au nouveau.

La première lecture nous annonce la bonne nouvelle du pardon de Dieu et de son retour au sein de son peuple. S’il revient, c’est qu’il avait d’abord été chassé, ignoré, oublié. Pourquoi avoir tant tardé à revenir ? Parce qu’il ne pouvait rejoindre son peuple qu’avec, pour ainsi dire, la permission de celui-ci. Dieu a dû attendre que les hommes soient disposés à le recevoir : à l’attente de Dieu doit répondre l’attente des hommes. À eux de préparer le chemin, de combler les ravins, d’abaisser les montagnes. Alors peut retentir l’heureuse annonce : « Voici votre Dieu ». C’est bien ce qui va se passer avec Jean-Baptiste. Il proposait un « baptême de conversion ». Baptême, c’est-à-dire mort à une façon de vivre et de penser et renaissance à une vie nouvelle. Conversion signifie changement d’optique, retournement, rénovation. Il s’agit de sortir du passé pour s’ouvrir au nouveau qui se présente. Jean-Baptiste est la figure de cet appel qui nous vient de notre avenir. Pourquoi, au lieu de parler dans les synagogues, se réfugie-t-il au désert ? Parce qu’avec lui commence un Exode qui accomplit ce que celui d’autrefois signifiait : Israël a dû traverser le désert pour passer de l’esclavage égyptien à la liberté des fils de Dieu. Traversée toujours à refaire, sous des formes différentes. Jean et sa prédication illustrent ce passage obligé. L’évangile précise sa manière de se vêtir et de se nourrir pour montrer son « dépouillement » : on ne peut accueillir celui qui vient que si l’on a les mains vides. De plus, nos textes ne nous disent rien sur l’enfance de Jean et sur sa « formation ». Chez Marc, il surgit de nulle part : il n’est qu’une voix qui crie dans le désert. Nous aussi nous avons à faire le vide pour faire place à la nouvelle humanité, au « Fils de l’homme » qui est en même temps Fils de Dieu.

Au milieu de nous celui que nous ne reconnaissons pas :

En parlant de changement de vie, d’accueil du nouveau, nous restons dans l’abstrait et surtout nous fixons notre attention sur nous-mêmes, sur le choix d’une meilleure manière de vivre. Faisons un pas de plus, un pas décisif : il s’agit certes de se rendre disponible, mais pour rencontrer quelqu’un. Remarquons à quel point Jean se fait transparent pour qu’à travers lui, passant par lui, nous nous ouvrions à un autre. Nous en sommes tous là, mais nous ne pouvons désigner le Christ à d’autres hommes qu’en nous ouvrant nous-mêmes à lui. Le Christ lui-même se définira comme route de passage vers un autre, le Père, l’Origine en laquelle nous pouvons renaître. Il s’agit d’accueillir et d’être accueilli, en d’autres termes d’amour. Accueillant Dieu, étant accueillis par lui, nous entrons comme chez nous dans l’échange trinitaire. Pour en venir là nous avons à vivre notre exode personnel et c’est bien à cela que Jean nous invite. Désormais Dieu ne se tiendra plus dans la nuée ou la colonne de feu mais en nous, par le Christ qui réalise en lui-même l’unité de Dieu et de l’homme. L’Avent nous invite à nous rendre disponibles pour la rencontre du Christ, à la fois connu et inconnu. Cette rencontre est à refaire sans cesse, et chaque fois nous découvrons dans le Christ des traits que jusque-là nous n’avions pas vus. Ainsi, le Baptiste est toujours là, nous désignant celui qui est au milieu de nous mais que nous avons du mal à reconnaître. À chacun de nous le Christ vient par les autres. Allons vers eux comme « toute la Judée et tout Jérusalem » sont allés vers le Baptiste, et tournons les yeux vers celui qu’ils nous désignent.

 

 

Author: Théodore Randriamanantena

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