Vers une renaissance

Categories: Prédication

Dimanche 17 Décembre 2017. 3e dimanche de l’Avent .

Textes bibliques  pour toutes les Eglise en Europe : Isaïe 61,1-2.10-11 ; Luc 1,46…54 ; 1 Thessaloniciens 5,16-24 ; Jean 1,6-8.19-28.

Commentaire du pasteur Théodore RANDRIAMANANTENA de l’Eglise Protestante Malgache en France (FPMA)

Les lectures de ce jour nous invitent à la joie.

Vers une renaissance

Nos trois premières lectures nous parlent de joie. Une joie qui va venir nous visiter mais dont la perspective nous rend déjà heureux : l’espérance fait dès maintenant habiter en nous la joie que nous attendons. La grossesse est joyeuse de la naissance future et Marie tressaille de joie en Dieu son sauveur, alors qu’elle n’est encore en possession que d’une promesse. Dans notre passage d’évangile, Jean proclame que celui qui doit venir est déjà là, « au milieu de nous ». On peut se dire qu’une trentaine d’années après l’Annonciation, il est normal que Jean nous révèle que Jésus est déjà là. À cause du prologue du 4e évangile, nous pouvons aller plus loin : Jésus est là depuis toujours. Cette présence cachée, intérieure à l’humanité et à chaque être humain, va maintenant se révéler, prendre visage et nous appeler pour que cette présence en nous de notre origine soit maintenant assumée par nous en toute liberté. C’est en cela que « les temps sont accomplis ». Le Baptiste annonce la naissance de notre source à la visibilité pour que nous puissions lui dire « oui », et ainsi dire « oui » à notre existence. Alors, créateur et créature ne feront plus qu’un. Ce qui les unira sera l’amour, qui est la nature même de Dieu. Voici Dieu en l’homme et l’homme en Dieu. Remarquons les mots utilisés : la lumière, l’eau (baptême dans l’eau). Nous voici renvoyés à Genèse 1, pour nous faire penser à une nouvelle création. Avec « la voix qui crie dans le désert » et « au-delà du Jourdain », nous sommes renvoyés à l’Exode : notre nouvelle création, notre émergence des eaux mortes et mortelles, nous demandera de parcourir une longue route – toute notre vie – à la suite du Christ. Pour accéder, au-delà de la mort, à une vie nouvelle, déjà à l’œuvre tout au long de notre parcours vers son achèvement : notre existence de Fils de Dieu.

La voix dans le désert :

Ceux qui veulent entendre Jean doivent se déplacer, quitter leurs soucis, leurs projets, leurs occupations habituelles. Faire le vide pour s’ouvrir au nouveau qui vient. Le désert, c’est cela, « la terre informe et vide » de Genèse 1. Nous nous retrouvons, symboliquement, au seuil d’une nouvelle création. Cet univers nouveau prend en charge l’ancien, auquel Jean appartient. Comme Adam et Ève chassés du Paradis, il est vêtu de peau de bête et mourra aux portes du Royaume. Jean est donc la figure de cette humanité loin de son achèvement à laquelle nous appartenons, mais en lui se trouve l’espérance, l’attente du Fils de l’homme, de l’humanité accordée et raccordée à Dieu. Ce Fils de l’homme-Fils de Dieu est déjà au milieu de nous mais nous ne le reconnaissons pas à première vue. Jean est là pour nous le désigner et c’est cet inconnu qu’il faudra suivre. Répétons-le, le Précurseur est en quelque sorte à traverser : on ne s’arrête pas à lui, qui n’est qu’un index dirigé vers un autre. Nous en sommes tous là. En effet, tous ceux que nous rencontrons nous signalent la présence du Christ d’une manière ou d’une autre : Christ amour, Christ crucifié, Christ défiguré, il est là. Il est ainsi en nous, même si nous n’en prenons pas conscience. Nous sommes donc habités et par celui qui est désigné et par celui qui désigne. Le Christ est sans cesse à retrouver et à reconnaître. Il est venu, il vient, il reviendra. C’est pour cela qu’il nous faut entretenir en nous une part de désert, une ouverture sans encombrement pour accueillir celui qui vient. Il vient sans cesse. Certes nos occupations, nos soucis, nos souffrances et nos joies resteront les mêmes mais nous les vivrons autrement. Car Dieu est avec nous.

Author: Théodore Randriamanantena

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